Les membres de notre comité consultatif ont une vision claire de ce qu'est l'excellence en matière de service public et de la façon de la récompenser. Au fur et à mesure de l'évolution de la deuxième année du programme de récompense, le comité consultatif a aussi évolué : de nouveaux membres se sont joints au comité et apportent une perspective nouvelle au groupe déjà accompli. Leur gestion équilibrée du processus de remise de prix a aidé à améliorer la façon déjà éprouvée et reconnue d'identifier les personnes qui font preuve d'excellence en matière de service public, et de les récompenser – un moyen efficace de valider l'engagement collectif des Canadiens.
Selon Robert Fowler, sous-ministre du premier ministre de la Nouvelle-Écosse et chef de la Fonction publique, l'excellence issue d'un secteur doit être activement reconnue pour qu'elle se propage. Il ajoute que, à bien des égards, la fonction publique prend exemple sur le secteur privé.
« Il est depuis longtemps reconnu dans le milieu des affaires que le fait de célébrer les collègues qui font preuve d'excellence et d'innovation génère une reconnaissance de la marque et motive les employés à aspirer à l'excellence », ajoute le ministre Fowler, qui agit aussi à titre de greffier, de secrétaire du Conseil de direction et de sous-ministre des Communications de sa province. « Il en est de même pour le secteur public. Le fait d'informer les Canadiens du leadership novateur dont font preuve les organismes de la fonction publique les aidera à comprendre l'importance du rôle que joue la fonction publique dans leur vie de tous les jours et contribuera aussi à rehausser le sentiment de fierté des fonctionnaires ».
D'après M. Fowler, les secteurs public et privé ont beaucoup plus de similitudes que de différences. Selon lui, le « service » est au secteur public ce que le « profit » est au secteur privé. Quelle qu'en soit la dénomination, toute amélioration mesurable stimule l'atteinte de meilleurs résultats. Cette perspective est partagée par un autre membre du comité consultatif, Paul Witz, qui dit que la reconnaissance à ce niveau touche profondément les Canadiens. Le fondateur et président de Witz Training, un programme de formation en leadership fondé sur le comportement, affirme que le temps consacré à renforcer le message est tout aussi important.
« Le secteur public est absolument apte à prendre les devants lorsqu'on l'y encourage », avance M. Witz, auteur d'un livre à succès intitulé One Powerful Mind, et d'une série de CD interactifs appelée Taking Control of your Life, and Taking Control of your Communication. « Lorsqu'on entend que les temps d'attente en chirurgie ont baissé de façon marquée ou que les programmes de transition de personnes sans abri vers un logement permanent ont du succès, il y a de quoi être fier d'être Canadien ».
Selon M. Witz, la portabilité est un avantage essentiel du processus de récompense. « Les acteurs d'un secteur peuvent s'inspirer des leçons apprises d'un autre secteur : ils peuvent utiliser des éléments réalisés par les autres ou créer leurs propres innovations. Étant moi-même engagé dans le développement du leadership, je trouve cette dynamique extrêmement stimulante, parce qu'elle favorise l'excellence et la croissance. Les grandes innovations font toute une différence dans la vie des citoyens au quotidien.
Pour David Fulford, cette forme de motivation est un élément clé du succès du secteur public dans le futur.
« Ces prix permettent de reconnaître l'excellence du travail des fonctionnaires, qui passe trop souvent inaperçue », de dire le directeur général de la Division de la gestion et des services ministériels et sous-ministre adjoint du ministère de l'Éducation et du ministère de la Formation et des Collèges et Universités de l'Ontario. « Le secteur public déploie énormément d'efforts pour répondre aux besoins de la population, mais cette dernière n'en a pas conscience parce qu'elle n'interagit pas souvent avec ce secteur, voire jamais. C'est pour cette raison qu'il est très important de partager nos succès, car ceux-ci motivent les gens, où qu'ils soient, à continuer d'innover et de se dépasser ».
M. Fulford poursuit en disant que les leaders du secteur public ont un rôle important à jouer dans le succès de leur secteur.
« Le fait d'inscrire votre équipe à un programme de récompense est en soi une reconnaissance, ajoute-t-il. Que le prix soit obtenu ou non, les leaders doivent faire l'effort de reconnaître l'importance des membres de leur équipe. Pensez à l'effet que peut avoir sur les membres de votre équipe le fait de savoir que vous avez pris le temps de vous informer sur le programme de récompense et de remplir les formulaires. Bien sûr, votre équipe aimerait bien remporter un prix. Mais le fait d'avoir été nommée comme candidate peut suffire à renforcer l'importance du travail que l'équipe accomplit et la façon dont elle l'exécute. »
Ce cycle de reconnaissance peut aider les Canadiens à mieux apprécier le travail des fonctionnaires. « Les Canadiens ont une perception, vraie ou fausse, que la fonction publique n'est pas aussi novatrice que le secteur privé, déclare M. Fulford. Je ne suis pas du tout de cet avis, et je suis prêt à parier sur n'importe laquelle de nos équipes gagnantes. Il y a tellement d'exemples, ici et ailleurs, dans lesquels le secteur public a fait preuve d'innovation et d'efficacité pour atteindre des résultats tangibles. »
Il ajoute : « La population souhaite évidemment que la fonction publique soit dotée de dirigeants hors pair et fasse preuve d'innovation. Personne ne veut payer des impôts dans le but d'obtenir des résultats négligeables. »
La population veut aussi savoir que le secteur public est autonome. Et selon M. Fulford, le fait de récompenser l'excellence favorise énormément le recrutement, parce que « personne ne voudrait travailler dans la fonction publique si celle-ci ne crée pas et n'encourage pas l'innovation. Les programmes de récompense permettent de faire passer le message que la fonction publique est un endroit où il est possible d'avoir une carrière gratifiante. »
Selon David Szwarc, directeur général de la Municipalité régionale de Peel, ce processus est de plus en plus urgent, car la rapidité des changements du secteur privé stimule le rendement du secteur public.
« Les collectivités sont dynamiques, en particulier dans le contexte de la migration et de l'interdépendance économique mondiales, dénote M. Szwarc. Par conséquent, la fonction publique doit l'être aussi pour s'assurer que les politiques et les biens publics demeurent pertinents et adaptés aux nombreuses et diverses collectivités – et notamment leurs entreprises, leur culture, leur situation géographique et leurs intérêts – qu'elle dessert ».
À l'instar de sa collègue du comité consultatif Marian Walsh, présidente et chef de la direction de Bridgepoint Health, M. Szwarc représente un organisme qui a obtenu un prix d'excellence l'an dernier; il affirme que le rendement du secteur public a aussi une incidence sur le rendement du secteur privé. C'est en partie pourquoi les leaders du secteur public doivent continuer d'améliorer leur rendement – et de le récompenser – afin de renforcer l'économie. M. Fowler est du même avis. « Le monde est petit, dit-il, cela n'a jamais été aussi vrai qu'aujourd'hui. Alors que les succès des entreprises favorisent notre économie, c'est la qualité des services de la fonction publique, notamment les programmes en matière de filet de sécurité sociale ou de défense des droits dans le monde, qui nous distingue. L'excellence de la fonction publique est ce qui préserve notre statut dans le monde. »